pour une nouvelle societe

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vendredi 19 mars 2010

Thon rouge

J’ai publié hier un article sur Agoravox. Il y était question de croissance –et, sans que le mot soit prononcé de décroissance. Il y a eu plus de 40 réactions en 24 heures, preuve que le sujet est sensible ! Des pro décroissance et des croyants de la croissance qui soutiennent –c’est normal- que croissance et protection de l’environnement sont compatibles.

Il suffit selon eux de réglementer un peu et de faire confiance au progrès technique…

Coté réglementation, l’exemple du thon rouge illustre bien l’échec de toute stratégie de préservation quand des intérêts économiques sont en jeu –en clair, l’impossibilité de préserver les ressources dans une société dominée par l’économie.

Cela fait 40 ans que la Commission Internationale pour la Conservation des thonidés de l’Atlantique (ICCAT) « régule » la pêche du thon rouge. Malgré cela, ses capacités de reproduction sont passées de 200 000 tonnes par an à 60 000 tonnes par an. Et à une écrasante majorité, la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction) vient de refuser l’inscription du thon rouge sur la liste des espèces interdites de commerce international.

Tant qu’il n’y aura pas eu de révolution des consciences, nous continuerons à aller dans le mur.

(In)sécurité

Le thème de la sécurité refait surface, comme par hasard, au moment d’une élection...



Je n’insisterai pas sur le fait que ceux qui exploitent ce thème sont aux commandes depuis 2002 et que si insécurité il y a, elle prouve leur incapacité à traiter le problème...



Je veux surtout apporter un chiffre au débat : 400 000.



C’est le nombre de prisonniers qu’il y aurait en France si la proportion était la même qu’aux Etats-Unis (où ils sont deux millions, pour une population égale à 5 fois celle de la France). Presque 7 fois plus qu’aujourd’hui (un peu plus de 60 000 prisonniers)



Si au moins les braves gens dormaient tranquilles avec ça ! On pourrait quand même se poser la question de savoir s’il n’y a pas plus efficace et moins cher pour la collectivité, mais bon... la sécurité n’a pas de prix...



Malheureusement, les Etats-Unis ne donnent pas l’exemple d’une société plus sûre que la nôtre ! Si c’était le cas, les braves gens (traduisez : ceux qui ont des sous) s’y enfermeraient-ils de plus en plus comme c’est le cas dans des "quartiers de sécurité" (enceintes fermées, vigiles, caméras de surveillance) ? Et ne me dites pas que c’est parce qu’il y a des armes à feu partout qu’il y a de la violence : les Canadiens ont autant d’armes à feu que les américains, et le niveau de violence n’a rien à voir chez eux.



N’est-ce pas la démonstration la plus claire que le tout répressif ne fonctionne pas ? On a beau mettre de plus en plus de monde en prison, la délinquance ne diminue pas.



La raison en est évidente : parce que la prison fabrique de la récidive (90% !). Plus vous mettez de gens en prison -surtout les jeunes-, plus vous augmentez le nombre de délinquants et la violence des actes qu’ils sont prêts à commettre une fois sortis.



Il faut mettre beaucoup plus de moyens sur la rééducation et la réinsertion, surtout chez les jeunes, avant qu’ils ne soient trop endurcis par le système. Des alternatives existent (par exemple par la marche, eh oui, simplement... 90% de NON-récidive).



Pour ceux qui ne l’ont pas vu, allez voir Un prophète.



Pour comprendre, un peu.

jeudi 18 mars 2010

Bilan...

Il faut dire les choses comme elles sont : la liste Modem / Alliance Ecologiste Indépendante a pris une grosse claque en Pays de la Loire, à moins de 5%, nettement en dessous de l’addition de leur score des européennes (plus de 11%). Ce n’est pas une consolation : la plupart des listes Modem ont subi le même sort, et, là où elle se présentait seule, l’Alliance a également fait sensiblement moins bien qu’aux européennes à l’exception du Languedoc Roussillon où la liste conduite par Patrice Drevet obtient 3,87%. En PACA, la liste conduite par Patrice Miran réalise un score de 2,3%, plus qu’honorable dans le panorama national, mais lui aussi en retrait par rapport à 2009.

Les élections régionales ne sont pas les européennes :

  • localement, le bilan de la gestion PS est jugé plutôt bon par les électeurs –le fait que le budget de communication du conseil régional ait littéralement « explosé » y étant peut-être pour quelque chose ?
  • le rejet au niveau national de la politique de la majorité s’est sans doute traduit à la fois par un vote sanction anti-UMP et par un vote utile pro-PS, jugé sans doute le plus apte à empêcher que des régions repassent à droite. Même Europe Ecologie, malgré une campagne aussi médiatique et efficace qu’aux européennes, en a (un peu) fait les frais, avec un score en retrait, et surtout à moins de la moitié du score du PS.

Nous ne pouvons évidemment que regretter ces résultats. En Pays de la Loire, nous étions les seuls à annoncer que nous resterions opposé au projet emblématique de nouvel aéroport de Notre Dames des Landes jusqu’au bout. Malgré le rejet des ligériens, majoritairement opposé à ce projet économiquement et écologiquement imbécile, nous n’avons pas su convaincre et nous ne pourrons pas défendre cette position au deuxième tour. Europe Ecologie, opposée au projet –c’est bien le moins qu’on pouvait attendre d’une liste écologiste !-, fait liste commune au deuxième tour avec le PS sans avoir obtenu que ce dernier s’oppose à l’avenir au projet.

Dans ces conditions, l’Alliance ne donne pas de consigne de vote pour le deuxième tour.

Merci aux électeurs qui nous ont fait confiance. Il ne nous reste qu’à nous remettre au travail pour expliquer, proposer, convaincre...

Economie dématérialisée, croissance, pollution...

Les media –ceux que j’écoute en tout cas- ont commenté ces derniers jours une info certes pas nouvelle, mais qui devient de plus en plus audible : l’économie numérique « dématérialisée » est polluante… Quelques chiffes : une recherche sur google –un clic pour vous- consomme autant d’énergie qu’une ampoule électrique pendant une heure. Pas chez vous, mais dans quelques uns des 41 millions de serveurs informatiques branchés sur le Net. Il y a un an environ, j’apprenais que Google venait d’inaugurer un nouveau centre informatique dont les bâtiments bourrés de serveurs couvrent la surface de deux terrains de football. Il y a l’électricité pour les serveurs et celle des climatisations. Au total, l’informatique nécessiterait plusieurs centrales électriques dans chaque pays.

Donc, l’économie « dématérialisée » pollue. Mais, me direz-vous, elle s’est substituée à une autre économie, encore beaucoup plus polluante ? Hélas, non ! Si nos industries émettent moins de gaz à effet de serre, c’est parce que nous la délocalisons. Croyez-vous que la Chine soit devenue le premier émetteur de GES pour fabriquer exclusivement des produits vendus en Chine ? Evidemment non ! Ses émissions sont en grande partie les nôtres, celles des pays du nord.

L’économie dématérialisée ne s’est pas substituée à l’économie « matérielle » : elle s’y est ajoutée. Cela ne devrait pas nous surprendre : cela s’appelle la croissance…

Je résume : l’économie dématérialisée pollue, et l’économie matérielle existe toujours et continue à polluer.

Même avec des progrès techniques, la croissance s’accompagne de toujours plus d’impacts sur l’environnement. Le fameux « découplage » de la croissance et des consommations d’énergie (on peut faire croître l’économie sans faire croître les consommations) n’en est pas un. Le partage des activités au niveau mondial –l’usine en Chine, les services dans les pays du nord- donne cette illusion, mais aucune économie dématérialisée ne peut fonctionner sans économie matérielle pour la supporter. Celle-là existera toujours, et polluera toujours. Ailleurs.

Pour ceux qui pensent que la solution est dans les énergies renouvelables, le graphique ci joint illustre un autre principe d’additivité. .

De la même façon que chaque activité économique s’est ajoutée aux précédentes, aucune source d’énergie dans l’histoire de l’humanité n’en a remplacé une autre. L’arrivée du pétrole et du gaz n’a pas fait baisser les consommations de charbon. L’arrivée de l’hydroélectricité puis du nucléaire n’a pas fait baisser les consommations de pétrole et de gaz. Chaque nouvelle production s’est ajoutée aux autres. Cela ne devrait pas nous surprendre : cela s’appelle la croissance… (bis)

« On ne résout pas un problème avec les modes de pensée qui l’ont engendré » a dit Albert EINSTEIN.

La crise écologique vient d’une foi aveugle, d’une croyance au sens quasi religieux dans :

  • la croissance infinie de l'activité économique
  • le progrès technique

qui doivent assurer notre bonheur.

Ce n’est pas avec une foi renouvelée dans la croissance infinie et le progrès technique (la « croissance verte ») que nous sortirons de la crise. Il faut inventer autre chose. Quelque chose qui ne serait pas de la croissance…

vendredi 12 mars 2010

Crise ? Quelle crise ?

En 2009, M. Bernard Arnault s’est enrichi de 11 milliards de dollars, le nombre de milliardaires a augmenté dans le monde, l’homme le plus riche du monde possède plus de 53 milliards de dollars, les entreprises du CAC 40 vont distribuer 70% de leurs bénéfices à leurs actionnaires, les banques font des milliards de dollars ou d’euros de bénéfices, les traders ont recommencé à se goinfrer…

S’il n’y avait pas le chômage, on pourrait presque croire que la crise n’a jamais existé…

jeudi 11 mars 2010

Journal de campagne

Tractage dans les boites aux lettres ce matin : j’ai commencé à –1 (celcius) et terminé à +3 (presque agréable !). La tâche n’a rien d’exaltant, mais elle permet de regarder autrement les habitations et les jardins.

  • Un point qui fait plaisir : la multiplication des signes « non à la pub » sur les boites aux lettres. Quand j’en vois un, j’ai des scrupules à y mettre un tract, même si je n’ai rien à vendre.* Deux points qui m’affolent : le nombre de voitures avec la nouvelle immatriculation –et visiblement des voitures neuves, sauf exception-, et le nombre de maisons récentes (pas forcément immenses, dans des lotissements ordinaires) équipées avec deux garages (et même trois !). La civilisation de la voiture est encore bien vivante…
  • Dans ces mêmes lotissements, le mur de séparation en parpaings est la règle à plus de 80% (ou 90 ?) (pourquoi pas des haies, refuge de biodiversité, qui piège du carbone au lieu d’en libérer comme c’est le cas du béton ?), et les portails motorisés avec interphone deviennent assez fréquents. Signe des temps…
  • Un mot encore sur les boites aux lettres : les intitulés « M et Mme suivis du nom de famille et du prénom du seul mari » sont monnaie courante. Et cette année, c’était la 100ème journée de la femme !

mercredi 10 mars 2010

Et pour quelques tomates de plus

Ce n’est qu’en lisant cet article du Monde diplomatique de mars 2010 que j’ai compris l’origine du titre : c’est dans la région d’Alméria en Espagne, connue pour ses productions de cultures maraîchères, qu’ont été tournés les westerns spaghettis de Sergio Leone, Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus, Le bon, la brute et le truand.

Grandeur et décadence… Aujourd’hui, ses paysages sauvages et beaux ont laissé la place à la quintessence des folies de notre système mondialisé. Petit rappel des faits pour ceux qui n’ont pas vu il y a quelques années le film « We feed the world »…

30 000 serres côte à côte sur 300 à 400 km². Une main d’œuvre composée majoritairement de travailleurs immigrés, taillables et corvéables à merci, souvent sans papier et non déclarés, vivant pour beaucoup dans des cabanes en parpaings ou en planches et plastique.

900 000 tonnes de tomates exportées chaque année, et tout au long de l’année, vers l’Europe. De décembre à février, jusqu’à 500 camions quittent chaque jour la région pour aller livrer des tomates à Paris (1900 km), Londres (2300 km), Berlin (2700 km), etc. Pour réduire les coûts, les chauffeurs sont de plus en plus ukrainiens ou bulgares : embauchés dans leur pays avec un contrat « local », ils ne vont sillonner que les routes de l’Europe de l’Ouest pour un salaire 2 à 2,5 fois moindre que les routiers espagnols.

Ils livrent des tomates dures, farineuses, insipides, que vous allez retrouver aussi bien dans les supermarchés que chez les petits marchands de primeurs : ce sont les seules disponibles en hiver !

Catastrophe écologique –à une distance moyenne de 2000 km, 500 camions par jour, cela fait 2 millions de km et… 900 000 litres de gazole par jour (n’oubliez pas le retour !)-, sociale et humaine –conditions de travail s’approchant du servage- et sanitaire -exposition des travailleurs aux produits chimiques, et impact probable sur le nombre de cancers chez les consommateurs.

Tout cela parce que les européens veulent manger des tomates en hiver… Il faut dire qu’un jeune européen ne sait plus qu’il existe des fruits et légumes « de saison » ; il ne sait plus que des tomates peuvent avoir du goût. Même dans les magasins bio (certains en tout cas) dont la clientèle devrait être sensible à ces problèmes, on trouve des tomates en hiver ! Et quand je m’en étonne (ou plutôt je m’en indigne…), on me répond, gêné, « ben oui, on sait bien, mais les clients en demandent »…

Lors de conférences devant des lycéens, je leur pose la question de savoir selon eux quelle est la part des émissions de gaz à effet de serre qui sont imputables aux consommateurs finaux que nous sommes, eux et moi. Il faut attendre longtemps pour qu’arrive enfin la bonne réponse : 100%… Pour qui, les émissions de l’agriculture et de l’industrie ? Pour les consommateurs finaux ! Les usines ne tournent que pour nous, in fine ! Pour qui celles des transports de marchandises ? Pour les mêmes ! Pour qui, celles de la déforestation ? Pour l’agriculture, donc pour les mêmes !

Il y a dans ce constat un espoir : si nous sommes tous, collectivement, à l’origine de 100% des émissions de gaz à effet de serre (et de tous les autres impacts sur l’environnement, bien sûr), cela signifie que nous pouvons tous, collectivement, agir sur 100% des émissions. Inutile de pointer du doigt les politiques, les industriels, les agriculteurs, les transporteurs, bref, « les autres ». Nous pouvons agir.

Que les européens arrêtent de manger des tomates en hiver, et le ballet des camions s’arrêtera ! Et pour l’emploi, pas de soucis : on va localement développer la culture (bio, de préférence) de radis noir, de mâche, de choux, de topinambours, de panais, de poireaux, de carottes, de celeri-rave, et de combien d’autres espèces qui supportent les rigueurs de l’hiver !

mardi 9 mars 2010

« Si l’héliocentrisme est aujourd’hui admis, ce n’est pas parce qu’il est évident, mais parce qu’il est enseigné ».

J'ai entendu hier à la radio cette citation dont je n’ai pas pu noter l’auteur, mais que j'ai trouvée d'une profondeur et d'une évidence très grandes.

Rien effectivement dans notre quotidien ne nous montre que c’est la terre qui tourne autour du soleil. Nous avons même l’impression du contraire. Si on ne nous avait pas enseigné le système solaire, nous croirions très logiquement que le soleil tourne autour de la terre.

Les programmes scolaires ont une puissance extraordinaire. En l’enseignant, on peut faire admettre à une population n’importe quoi. Du vrai, et du faux.

La théorie de l’évolution n’est admise que parce qu’elle est enseignée. Il suffit pour s’en convaincre de voir ce qui se passe aux Etats-Unis où on enseigne le créationnisme : ça marche très fort…

Cette puissance est encore plus redoutable quand elle est cachée derrière une prétention à l’objectivité. Les professeurs de l’éducation nationale ne doivent pas formuler d’opinions. Ils ne doivent présenter que des éléments objectifs, donc irréfutables, inattaquables. La vérité révélée.

C’est oublier un peu vite que l’objectivité n’existe pas. Les programmes scolaires présentent obligatoirement une vision du monde. Ils reflètent à la fois l’étendue des connaissances du moment et l’état d’esprit dominant. La preuve : leur contenu a évolué considérablement. Nous regarderions aujourd’hui avec indignation ou commisération les représentations passées des noirs dans les manuels scolaires d’il y a un siècle. Mais ces représentations n’étaient que le reflet de la société de l’époque (cf l’exposition coloniale).

Aujourd’hui, tous les programmes scolaires présentent les évolutions scientifiques et techniques comme des « progrès ». Tous soutiennent que l’accès à beaucoup de biens matériels est aussi un « progrès », que les pays en développement sont « en retard » sur les pays développés, qu’il faut les aider à nous « rattraper ». Si le concept de développement durable est maintenant répandu, il ne remet pas en cause cet objectif : il est enseigné que ce « rattrapage » doit se faire en protégeant l’environnement –grâce aux « progrès » scientifiques et techniques- mais la vision reste la même.

Il est enseigné, et donc admis, à grande échelle, qu’il n’ y a qu’un modèle de développement possible, que le bonheur est dans l’« avoir », et qu’il passe par la croissance de l’activité économique.

Bref, on inculque à tous les jeunes occidentaux -et malheureusement sans doute tous les jeunes du monde qui vont à l'école- une vision du monde qui nous conduit à l'abîme.

Cette notion de « retard » me rappelle une blague du temps du communisme. Pour se moquer des communistes, on leur prêtait ce raisonnement : « Que fait le capitalisme ? Il court à sa perte. Que fait le communisme ? Il essaie de dépasser le capitalisme ».

lundi 8 mars 2010

Alea jacta est ?

Le sort en est-il jeté ? C’est la question que je me pose sérieusement après voir entendu l’annonce d’un article de la revue Science (une référence) donnant les conclusions d’une étude menée sur 10 ans et montrant des « suintements » de méthane dans l’océan glacial qui borde la Sibérie.

Je ne vais pas reprendre ici l’exposé de ce qu’impliquent ces émanations de méthane. Je vous invite à parcourir mon blog –vous y retrouverez plusieurs articles- ou à aller lire le N° 86 de la Lettre des Ecologistes (3ème partie de l’éditorial et page 3).

Je vous dirais simplement que ce soir, je suis tenté de laisser tomber tout engagement militant pour tenter simplement de vivre le plus heureux possible dans un monde condamné. Nous sommes dans une voiture qui va dans le mur. La seule chose à faire est d’écraser la pédale de frein en espérant que le choc ne sera pas trop rude. Au lieu de cela, nous discutons –nos grands chefs discutent- de la distance qui nous sépare du mur (certains se posant même la question de savoir si ce n’est pas une illusion) et des options possibles.

Il reste encore du chemin à parcourir… pour réduire ses trajets !

J’ai déjà pesté contre les outils de calcul d’itinéraires (que j’utilise… en restant critique) sur Internet (Mappy et Via Michelin, pour ne pas les citer), pour deux raisons :

  • spontanément, ils vous proposent les trajets qui empruntent les voies rapides et autoroutes, en général plus longs (en km) et donc plus émetteurs de CO2
  • ils vous affichent un coût estimé qui ne prend en compte que le carburant et les éventuels péages, ce qui donne l’illusion que ce sont les seuls coûts des déplacements en voiture. Or en général –cela dépend bien sûr du véhicule, notamment de son âge-, l’entretien et l’amortissement représentent le double du coût du carburant ! Cela contribue à faire croire que la voiture est moins chère que les transports en commun, ce qui est évidemment faux. Ce qui pénalise les transports en communs, c'est que vous payez l'intégralité du coût à chaque voyage, alors que vous ne payez lors d'un trajet que le carburant et le péage. Le reste (entretien, achat) est "déconnecté" du trajet.

Dernier exemple en date : je veux aller de chez moi à Bressuire.

  • Mappy me propose un trajet de 79 km, en 1h07, avec 22 km d’autoroute, moyennant un coût de 9,79 euros
  • Via Michelin me recommande un trajet de 88 km, en 1h10, avec 24 km d’autoroute, moyennant un coût de 9,12 euros
  • En demandant expressément à Via Michelin le trajet le plus court, j’obtiens un trajet de 63 km, en 1h20 (je peux vous assurer qu’il faut moins de temps que cela, sans excès de vitesse), sans autoroute, moyennant un coût de 6,98 euros.

Via Michelin vous recommande un trajet qui fait 40% de km en plus que le trajet le plus court ! Soyons juste : son option "trajet le plus court" est bonne... alors que celle de Mappy donne exactement le même trajet que le choix de base, avec les 79 km et les 22 km d'autoroute !

à propos de l'EPR

Je vous livre tel quel ce communiqué de presse du réseau "Sortir du nucléaire". Je n'ai pas la compétence pour juger de la validité de ce qui y est affirmé. Je sais seulement qu'un principe existe en théorie: le principe de précaution. Je sais aussi que lorsque des intérêts financiers énormes sont en jeu, ce principe est allègrement bafoué, et qu'il faut que les citoyens soient là pour protéger leurs intérêts et leur sécurité.

Accessoirement, je sais aussi qu'avec les technologies actuelles, les réserves d'uranium ne sont que de quelques dizaines d'années -avec le parc actuellement en service : si les centrales se multiplient comme le voudraient notre président et notre lobby pro-nucléaire, il n'y en a que pour... une dizaine d'années.

On peut discuter des "mérites" comparés du nucléaire et des centrales à charbon, mais il faut avoir à l'esprit qu'en aucun cas le nucléaire ne fournira la réponse aux problèmes du changement climatique si nous ne réduisons pas de façon colossale nos consommations d'énergie, ce qui devrait être LA priorité absolue.

Communiqué de presse

Révélations d’une source interne à EDF : l’EPR risque l’accident nucléaire !

Le Réseau « Sortir du nucléaire » révèle des documents confidentiels, divulgués par une source anonyme interne à EDF. Ces documents démontrent que la conception de l’EPR implique un sérieux risque d’accident majeur – risque pris en conscience par EDF pour des raisons de calcul économique. Potentiellement sujet à un emballement dont les conséquences seraient incontrôlables, l’EPR s’avère donc extrêmement dangereux.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" a constitué un groupe d’experts pour analyser de façon approfondie ces documents, qui nous ont été envoyés très récemment. Voici les premiers enseignements que l’on peut en tirer, ils sont de première importance.

Certains modes de pilotage du réacteur EPR peuvent provoquer l’explosion du réacteur à cause d’un accident d’éjection de grappes (qui permettent de modérer, d’étouffer la réaction nucléaire). Ces modes de pilotage sont essentiellement liés à un objectif de rentabilité économique, qui implique que la puissance du réacteur puisse être adaptée à la demande électrique. Ainsi, dans le but de trouver une hypothétique justification économique à l’EPR, ses concepteurs ont fait le choix de prendre le risque très réel d’un accident nucléaire. De plus, l'essentiel des arguments en faveur de l'EPR (puissance, rendement, diminution des déchets, sûreté accrue) s'avèrent faux.

EDF et Areva ont tenté de modifier le pilotage du réacteur : ces efforts n'ont pas abouti à des parades éliminant cette classe d'accidents. L'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a semble-t-il été tenue à l'écart de ces questions.

Il semble donc bien que la conception de l’EPR accroisse le risque d’un accident de type Tchernobyl, qui entraînerait la destruction de l’enceinte de confinement et la dispersion massive de radionucléides dans l’atmosphère.

Les 8 et 9 mars, Paris accueille une conférence internationale pour inviter 65 pays à se doter de la technologie nucléaire. Cette conférence sera ouverte par Nicolas Sarkozy et animée par le Directeur Général de l’AIEA. Il est scandaleux que la France continue ainsi à faire la promotion du nucléaire en général, et de l’EPR en particulier, alors même que la dangerosité de ce réacteur est aujourd’hui démontrée. Il faut donc abandonner immédiatement la construction de l’EPR en Finlande, en France et en Chine, et annuler impérativement le projet prévu à Penly. Le meilleur moyen d'éviter l'accident nucléaire reste la sortie du nucléaire.

Le scénario accidentel en détail :

Selon les calculs d’EDF et d’Areva, le pilotage du réacteur en mode RIP (retour instantané en puissance) et la disposition des grappes de commande du réacteur peuvent provoquer un accident d’éjection des grappes de commande à faible puissance et entraîner la rupture de l’enveloppe du mécanisme de commande de la grappe (i). Cette rupture provoquerait le passage du réfrigérant en-dehors de la cuve du réacteur nucléaire. La perte de réfrigérant (un type d'accident nucléaire très grave) entraînerait la rupture d’un nombre important de crayons par échauffement du combustible et des gaines (ii) et donc le relâchement de vapeur extrêmement radioactive dans l’enceinte de confinement. Il y a alors un risque important d’excursion critique qui résulterait en une explosion (iii), la puissance du réacteur EPR étant démultipliée de façon extrêmement brutale.

Suite aux éjections des grappes de commande à faible puissance (EDG), le réacteur EPR pourrait ne pas se mettre en arrêt automatique (iv). Quelle que soit la configuration des grappes de commande, l’accident d’éjection de grappe de commande entraîne un taux important de rupture du combustible (NCE) et donc un risque élevé d’excursion critique (v).

Pour plus de détails, consultez les documents confidentiels que nous révélons, divulgués par une source anonyme interne à EDF (notamment le document n°1), téléchargeables sur le site : http://www.sortirdunucleaire.org

> Contacts presse : - Marc Saint-Aroman - 05 61 35 11 06 - Charlotte Mijeon - 06 75 36 20 20 - Monique et Raymond Sené (physiciens nucléaires) - 01 60 10 03 49 - Steven Mitchell (médias anglophone) : 09 52 49 50 22 - Jean-Yvon Landrac (médias germanophone) - 06 87 30 41 10

> Liste des documents :

1 - Synthèse - Une technologie explosive : l’EPR (non daté - non signé)

2 - Bilan de la phase préliminaire de l’étude d’EDG FA3 et perspectives (EDF SEPTEN 05.05.2009)

3 - EPR - Gestion combustible - Lot 1 -Revue de conception du schéma de grappes FA3 du 25/10/2007

4 - EPR FA3 Synthèse de l’étude de faisabilité de l’accident d’éjection de grappe (EDF SEPTEN 09.02.07)

5 - EPR FA3 Synthèse des voies de sortie de la problématique éjection de grappe (EDF SEPTEN 07.05.07)

6 - Note d’étude : Présentation synthétique de l’EPR (EDF SEPTEN 04.05.04)

7 - Note de présentation de la deuxième revue de projet radioprotection EPR (EDF, printemps 2004)

8- Marges disponibles pour les activités d'exploitation du REP par rapport aux risques de criticité (Hourtoulle Francis. Le 7 décembre 1999)

Choix emblématique

Sondage sur le site Internet d’Europe 1 : pour ou contre le projet d’aéroport de Notre Dames des Landes entre Nantes et Rennes ? A l’heure où j’écris ce billet, 82% de non. Les citoyens sont en avance sur leurs représentants dans la prise de conscience des choix pour l’avenir !

Sachant que le PS et pour, l’UMP également, qu’Europe-Ecologie est contre, mais a déjà annoncé qu’elle fusionnerait avec le PS qui est pour… ne reste que la liste Modem / Alliance Ecologiste Indépendante pour s’opposer à ce projet au premier et au deuxième tour.

samedi 6 mars 2010

tout faux !

En visite au salon de l’agriculture, Nicolas Sarkozy a clairement indiqué qu’il fallait changer de méthode pour aller vers une agriculture « durable ». Le dit changement de méthode consistera surtout à ne rien imposer en terme d’environnement qui ne soit pas la règle chez les concurrents européens de nos agriculteurs.

C’est réaffirmer une nouvelle fois la prééminence de l’économique sur les exigence environnementales. Mais c’est aussi et surtout une erreur en terme économique.

C’est persister –qui s’en étonnera ?- dans un schéma de pensée dépassé, celui de la compétition permanente, de la recherche du rendement maximum et du prix minimum à court terme, du sacrifice de la qualité au profit de la quantité.

La France importe 50% des produits certifiés bio qu’elle consomme. En Ile de France, il y a 120 AMAP (associations pour le maintien d’une agriculture paysanne), et les listes d’attente permettraient d’en faire vivre 100 de plus ! C’est bien la preuve que la demande est là ! Qu’attendons-nous alors pour faciliter les reconversions des agriculteurs ? Moins de produits chimiques, moins d’investissements lourds, de meilleurs produits, plus de main d’œuvre, donc d’emplois, et tout ça avec des débouchés assurés pour les productions ?

Depuis le début, le décalage entre les belles paroles du Grenelle de l’environnement et les actes est énorme. En témoignent les déclarations d’utilité publique de l’aéroport de Notre Dames des Landes ou de nouvelles sections d’autoroute, ou le projet de circuit de formule 1, pour ne citer que cet exemple cher (très cher !) au premier ministre. Mais cette fois, les choses sont claires, même dans les paroles : le Grenelle est mort.

Pour l’écologie, adressez-vous aux professionnels, pas aux (très mauvais !) imitateurs qui repeignent en vert leur programme, mais continuent comme avant la course vers le mur.

vendredi 5 mars 2010

Dans la série "j'ai lu pour vous", « La crise pétrolière, analyse des mesures d’urgence », par Bernard Durand.

(Edition EDP Science)

L’auteur est spécialiste de géologie et géochimie pétrolière, avec un CV flatteur dans ce domaine à l’Institut français du pétrole et à l’école nationale supérieure du pétrole et des moteurs.

Son livre est à fois très technique et d’une lecture assez facile (en particulier avec des petits schémas extrêmement parlant). C’est de la très bonne vulgarisation, une excellente source d’informations, un argumentaire nourri et convaincant :

  • Sur le peak oil, la fin programmée du pétrole. S’il ne peut évidemment pas donner une date plus précise que ses confrères, il exclut le rêve de certains de trouver de nouvelles ressources suffisamment significatives pour différer le moment (très proche) où les capacités de production décroîtront irrémédiablement, quels que soient les investissements mis en jeu. Il passe en revue les possibilités des pétroles dits non conventionnels –schistes bitumineux notamment- et conclut qu’il ne faut pas en attendre des miracles.
  • Sur les solutions de rechange dans les transports et le bâtiment. Agrocarburants, techniques de production de liquides pouvant remplacer l’essence ou le gazole à partir de charbon, de gaz ou de biomasse, hydrogène, air comprimé, tout est passé en revue, sous l’aspect technique, énergétique (rendement de ces différentes techniques), potentiel de production (combien de teps, tonne équivalent pétrole, on peut en attendre), émissions de gaz à effet de serre, autres impacts sur l’environnement…

Le fait que l’auteur voit la solution pour les transports dans la voiture hybride à dominante électricité nucléaire ne doit pas dissuader un écologiste qui veut se documenter sérieusement sur la fin programmée du pétrole de lire ce livre. Quand c’est un progressiste qui démontre l’urgence du problème et l’illusion de solutions techniques présentées comme des remèdes miracles, la démonstration n’a que plus de valeur !

jeudi 4 mars 2010

politiques face à la crise

Trouvé dans un article du Monde diplomatique de ce mois intitulé « un pays peut-il faire faillite ? », ces quelques éléments d’informations sur les politiques de pays d’Europe touchés par la crise :

  • Allemagne : réduction de 1% par an du nombre de fonctionnaires (si un fonctionnaire travaille 40 ans, il y en a 2,5% qui partent chaque année ; diminuer de 1% signifie n’en remplacer que 3 sur 5)
  • Espagne : non remplacement de 9 fonctionnaires sur 10
  • France : non remplacement d’1 fonctionnaire sur 2
  • Irlande : non remplacement des départs à la retraite, baisse des allocations chômage et des salaires du secteur public
  • Italie : non remplacement de 4 fonctionnaires sur 5
  • Portugal (budget en discussion) : réduction des effectifs de la fonction publique, gel des salaires des fonctionnaires, réduction des dépenses sociales.

Tous envisagent également, à des degrés divers, un report de l'âge de la retraite. Pour faire de la place aux chômeurs, sûrement.

Belle unanimité ! Moins d’état, moins de dépenses sociales. Ça ne vous rappelle rien ? La libéralisation des marchés en moins (c’est déjà en grande partie fait !), cela ressemble aux politiques « d’ajustement » imposées par le FMI et la banque mondiale aux pays du sud endettés, politiques dénoncées après coup comme inefficaces au plan économique et responsables de graves crises sociales.

Au fait, petit rappel pour ceux à qui cela aurait échappé : en France Eric Woerth s’est félicité que la suppression depuis 3 ans de 100 000 fonctionnaires (par le non-rempalcement d’un départ sur deux) faisait économiser chaque année au budget de l’état 3 milliards d’euros. Exactement la somme qu’a coûtée à ce même budget de l’état la réduction du taux de TVA pour la restauration, mesure qui devrait permettre selon les dernières projections la création de 6 000 emplois. Cherchez l’erreur… il n’y en a pas, hélas…