Le pari de la décroissance, Serge Latouche, éditions Fayard
Sur le même thème que La décroissance pour tous, un livre plus complet, mais tout aussi accessible. Passionnant d'un bout à l'autre, il permet de comprendre ce que devrait être une société de décroissance, ou plutôt d'a-croissance. Une société dans laquelle la décroissance n'est pas un objectif en soi -ce serait aussi pernicieux que le système actuel dans lequel la croissance est devenue un ojectif (et même une obsession irrationnelle) en lui-même, mais plutôt le résultat d'une autre approche de la vie, recentrée vers la satisfaction des vrais besoins -physiologiques (manger,dormir), mais aussi sociaux, relationnels. Une société de la convivialité. Avec des réflexions également sur les changements nécessaires dans les pays du sud (faut-il qu'ils se développent ?).
Vraiment un libre à mettre en toutes les mains.
 
La décroissance pour tous, Nicolas Ridoux, éditions Parangon
Si vous ne devez acheter qu'un livre ceux qui sont présentés ici, c'est celui-là. Pour ceux qui connaissent tout mon site, pas de grandes nouveautés, mais une excellente synthèse, claire, ordonnée, argumentée. Pour les autres... une excellente synthèse, claire, ordonnée, argumentée, de "tout ce que vous voulez savoir sur la décroissance sans jamais avoir osé le demander". La décroissance, pourquoi  ? La décroissance, comment ?
Vraiment un livre indispensable pour comprendre le fossé entre, d'une part, les bonnes intentions d'un consommateur soucieux de l'environnement et qui croit au développement durable et, d'autre part, le changement radical de mode de vie qui seul peut à la fois préserver notre environnement et nous permettre de vivre heureux, en pleine humanité. 
 
La faim, la bagnole, le blé et nous, fabrice Nicolino
Une dénonciation complète, argumentée, des ravages des agrocarburants. cultures industrielles avec engrais et pesticides (rien de bio là dedans!), déforestations massives (des millions d'hectares) en Indonésie, Malaise, Brésil... Concurrence avec les besoins alimentaires qui provoque des augmentations de prix des céréales, dont souffrent évidemment en premier lieu les plus pauvres. Tout ça pour le plus grand bénéfice des multinaitonales de l'agroalimentaire, de la chimie et de l'automobile.
Une catastrophe écologique et sociale.
à lire absolument pour ne pas rouler de façon criminelle en croyant bien faire.
 
 
Parole de Terre, Pierre Rabhi, éditions Albin Michel
Dans Parole de Terre, Pierre Rabhi raconte le " développement " vu par un vieil homme africain, Tyemoro.
Dans une première partie, il dit les conséquences de l'introduction des méthodes de cultures industrielles, la première bonne récolte mais ensuite la mort de l'écosystème, la mort de la terre nourricière. Il dit ensuite sa rencontre avec Ousseini, qui a su  redonner vie à la terre, reconstituer l'anneau sacré : la terre nourrit les plantes, les plantes nourrissent les animaux, les animaux nourrissent l'homme… et l'homme nourrit la terre.
Que nous croyons ou pas aux esprits, que notre relation à la terre ait ou pas une dimension sacrée, ce livre est là pour nous rappeler cette évidence : la terre (à la fois la planète et le sol) est un organisme vivant que nous devons respecter et dont nous devons prendre soin.
Le marché de la faim, Erwin WagenHofer et Max Annas, éditions Actes Sud
Le livre du film documentaire "We feed the world". Encore des infos sur la marchandisation du monde, en l'occurence sur le fonctionnement de l'agriculture mondialisée et sur les marchés de l'eau (car l'eau est devenue un marché comme un autre). Pas extraordinaire sur la forme -on sent qu'il s'agit d'un texte à partir d'un film-, mais des infos intéressantes... et de nouvelles raisons de s'indigner et de s'insurger.
 
Sortie de secours, Yves Paccalet, éditions Arthaud
La réponse à son précédent opus, l'humanité disparaitra, bon débarras. Parce que même quand il désespère de l'espèce humaine, Yves Paccalet veut encore y croire. Sa réponse s'appelle décroissance, et surtout frugalité, jouissance, bonheur. Elle passe aussi par un gouvernement mondial, les Etats-Unis du Monde.
Constats toujours lucides, propositions que l'on peut juger utopiques, mais qui sont sans doute les seules voies de salut. Et n'oublions pas: "C'était impossible. Il ne le savait pas. Il a réussi".
Toujours écrit avec ce qu'il faut d'humour -parfois très noir- pour que la lecture soit un plaisir.
Extrait de l'intro: "l'homo sapiens se conjugue à la première personne du présent irresponsable. Pour s'offrir un futur, il doit moucher son orgueil et rabattre son égoïsme. Quêter l'harmonie plutôt que la puissance. Ouvrir son coeur aux autres. Cesser d'incarner ce sale gosse qui joue avec les allumettes et se prépare un brillant avenir de merguez flambée".
J'aime beaucoup l'image des merguez flambées.

L'humanité disparaîtra , bon débarras. Yves Paccalet, éditions Arthaud
Si " les plus désespérés sont les chants les plus beaux, et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots ", alors ce livre est sublime ! Constats amers, désespérés, mais ô combien pertinents, sur les folies des hommes. Il est quand même recommandé de faire preuve de plus d'optimisme pour l'avenir, même si on est d'accord avec l'analyse de la situation présente ! Prix du pamphlet 2006

Pourquoi ça ne va pas plus mal ?, Patrick Viveret, éditions Fayard.
On trouve des gens bien parmi les conseillers à la cour des comptes... Réflexions sur l'économie, le besoin d'accumulation (très récent dans l'histoire de l'humanité), le passage de la satisfaction des besoins (limités) aux envies (sans fin), la prééminence du besoin d'avoir sur l'être, la création de rareté dans une société d'abondance, la peur de l'avenir, le mal-être, l'incapacité à vivre au présent (ne pas être "à la bonne heure") et à en jouir, nos problèmes de communication avec la nature, avec les autres, avec nous-mêmes, le passage du verbe pouvoir sans majuscule (pouvoir créer, notamment) au substantif Pouvoir que l'on détient, la comparaison de nos sociétés avec un individu malade de dépression ("dépression nerveuse universelle" déjà annoncée par Keynes en 1930!), etc.
Après cela, des pistes pour changer la politique et changer les mentalités.
 
Limpide !
 
L'anti-manuel d'économie Bernard Maris, éditions Bréal (2 tomes, La fourmi et La cigale)
Une saine vision de l'économie: pseudo science incapable de faire des prévisions, tout juste bonne à expliquer aujourd'hui pourquoi elle s'est trompé hier... Au-delà de la démonstration de l'imposture de l'économie -pseudo-science qui oublie juste de prendre en compte le caractère irrationnel des comportements humains-, des considérations philosophiques et sociologiques. Certaines parties faciles à lire, d'autres un peu moins, mais l'ensemble est très instructif
 
Le procès de la mondialisation, sous la direction de Edward Goldsmith et Jerry Mander, éditions Fayard
3 parties dans ce livre : 1/ comment fonctionne la mondialisation -c'est-à-dire l'exploitation du sud par le nord-, 2/ quels sont ses effets -sur les pays du sud, sur l'environnement-, 3/ pourquoi et comment il faudrait aller vers une relocalisation progressive de nos sociétés. Excellente " introduction " à une réflexion sur les effets négatifs de la mondialisation à la mode de l'économie libérale.
 
Le développement a-t-il un avenir ? Attac, éditions des mille et une nuits
Ouvrage collectif issu des réflexions du conseil scientifique d'Attac. Démonstration très claire (chiffres à l'appui) que le développement tel que les sociétés occidentales l'ont vécu ne peut pas être généralisé à l'ensemble de la planète (pas assez de ressources disponibles, trop d'impacts sur l'environnement), et réflexion sur ce que pourrait être un autre développement. A lire pour aiguiser son esprit critique sur la notion très en vogue, mais très mal définie, de développement durable.
 
Objectif décroissance , ouvrage collectif, édité par la revue Silence
Pas de démonstration de la nécessité de la décroissance dans cet ouvrage (en dehors de l'introduction), sa nécessité est supposée admise. Beaucoup d'exemples par contre des nouvelles formes de sociétés à inventer, pour que la décroissance ne soit pas " on se serre la ceinture ", mais " on vit mieux et plus heureux " en oubliant l'obsession économique et en redécouvrant des valeurs de solidarité, de partage. A lire pour comprendre que la décroissance n'est pas seulement une nécessité pour sauver notre environnement, mais une chance pour tourner le dos à l'insécurité, au stress, à l'inflation des cancers et autres maux de notre société occidentale.
 
J'accuse l'économie triomphante , Albert Jacquard, éditions Calmann Lévy
Les méfaits de " l'économisme ", doctrine qui affirme que les lois de l'économie -à commencer par la loi du marché- sont la vérité suprême, et que nul ne peut s'y dérober. Le rappel de la valeur de la vie humaine et de l'importance de la recherche du bonheur.
 
Pétrole apocalypse, Yves Cochet, éditions Fayard
Yves Cochet explique de façon claire que, bien avant la fin du pétrole, nous allons connaître une période pendant laquelle il sera de plus en plus cher, les capacités de production devenant inférieures à la demande (le pic de Hubert), que cette période vient de commencer (il ne s'agit pas d'un choc pétrolier comme en 74, mais d'une vague de fond), et que ses conséquences sur l'économie mondiale seront énormes. Très loin du programme et des réalisations des Verts, (qui, en tant que parti de gouvernement, a soutenu la croissance), c'est vraiment le livre d'un écologiste qui nous avertit que nous allons dans le mur.
 
Le tao de l'écologie , Edward Goldsmith, éditions du Rocher
L'analyse du fonctionnement de la biosphère, des sociétés humaines primitives et de la société industrielle. Les conséquences du " divorce " entre cette dernière et la biosphère dont elle fait pourant partie, et des pistes de changements. Pas toujours facile à lire, mais très intéressant.
L'humanité disparaîtra , bon débarras. Yves Paccalet,
Si " les plus désespérés sont les chants les plus beaux, et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots ", alors ce livre est sublime ! Constats amers, désespérés, mais ô combien pertinents, sur les folies des hommes. Il est quand même recommandé de faire preuve de plus d'optimisme pour l'avenir, même si on est d'accord avec l'analyse de la situation présente !
 
L'empire de la honte , Jean Ziegler, éditions Fayard
Jean Ziegler est rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à l'alimentation. A ce titre, il a une expérience exceptionnelle du terrain, de la façon dont les grandes sociétés transcontinentales exploitent  l'hémisphère sud à leur profit, allant jusqu'à privatiser l'eau, ce bien universel. Passionnant.
 
Après nous le déluge , Jean-Marie Pelt et Gilles-Eric Séralini, éditions Flammarion / Fayard
Analyse des atteintes à la biodiversité, et ses conséquences pour l'avenir. Réflexions sur l'humanité en gestation -notamment sur les biotechnologies, les manipulations possibles, la nécessité d'une éthique plus forte que le poids de l'argent. Pas inintéressant, mais pas à lire en priorité pour comprendre les enjeux de la décroissance.
 
La loi de la jungle , Jean-Marie Pelt et Franck Steffan, le livre de poche.
Petite étude comparative des comportements chez les plantes, les animaux, l'homme. En particulier, analyse de l'agressivité et de la façon dont elle est -ou pas- contrôlée, régulée. D'où il ressort que l'homme n'est pas forcément le plus évolué… Intéressant et facile à lire.
 
La révolution d'un seul brin de paille, Masanobu Fukuoka, Guy Trédaniel éditeur
A la fois un traité d'agriculture naturelle et un livre de philosophie. L'immense mérite de Masanobu Fukuoka a été de remettre en cause tout ce qu'on lui avait enseigné dans ses études d'ingénieur en microbiologie. Les pesticides et les engrais sont-ils vraiment indispensables ? Trente ans de culture naturelle, avec des rendements équivalents aux cultures industrielles, lui permettent de répondre non.
 
N° Hors série de Courrier International sur le réchauffement climatique